Un rapport de vérification a pour objectif de tracer l’état réel d’un appareil de levage après une Vérification Générale Périodique (VGP). Il est le document de référence pour guider les décisions de l’employeur post contrôle. C’est un outil technique, juridique et opérationnel clé. Cependant, pour être conforme et exploitable, le contenu de ce rapport doit posséder une forme et des exigences minimales précises.
Un cadre réglementaire précis pour le rapport de vérification
La réglementation impose la vérification des appareils de levage par une personne compétente. Le Code du travail encadre cette obligation. En effet, L’arrêté du 1er mars 2004 précise les modalités des vérifications périodiques.
Ainsi, chaque VGP doit produire un rapport de vérification. Ce document formalise les contrôles réalisés par le vérificateur. Il prouve la conformité ou révèle les anomalies. L’employeur engage sa responsabilité sur la base de ces résultats.
La circulaire DRT n° 2005-04 du 24/03/05 complète ce cadre juridique. Effectivement, elle précise les délais et les obligations de restitution.
Rapport provisoire et rapport définitif : un double niveau d’information
La réglementation distingue deux étapes dans le rapport de vérification.
Tout d’abord, le vérificateur doit remettre un rapport provisoire dès la fin des contrôles. Ce document permet d’alerter immédiatement le chef d’établissement sur les défauts critiques. À la suite d’un contrôle, même si le vérificateur mentionne une ou plusieurs anomalies majeures, c’est l’employeur qui décide de stopper ou non le matériel de levage.
Ensuite, le vérificateur transmet le rapport définitif dans un second temps. Cela lui permet de compléter en détail le document avec l’ensemble des examens et essais réalisés. Il peut ainsi structurer correctement ses observations et consolider ses conclusions.
Attention ! La circulaire fixe un délai maximal de 4 semaines pour la remise du rapport de vérification définitif
Les informations essentielles d’identification et traçabilité à inscrire dans le rapport de vérification
Un rapport de vérification doit rester clair, précis et exploitable. Il doit contenir les informations pour assurer la traçabilité fiable des engins de levage contrôlés.
Premièrement, le document identifie clairement l’identité du vérificateur. Il précise son nom et son organisme.
Ensuite, il doit mentionner un numéro d’identification unique et une date d’émission.
Le rapport de vérification décrit le contenu exact de la mission pour laquelle le commanditaire mandate le contrôleur. Il précise s’il s’agit d’une Vérification Générale Périodique (VGP), d’une mise ou remise en service du matériel, d’une épreuve de charge, etc.
Par ailleurs, il indique la ou les date(s) d’intervention sur le site de l’employeur.
Aussi, on retrouvera évidemment l’identification sans équivoque de l’appareil de levage. Pour cela, le rapport doit mentionner le type d’équipement, la marque, le numéro de série ainsi que le marquage de conformité.
Puis, le rapport présente la conclusion générale synthétisant le résultat de la vérification : apte à l’utilisation, sous réserves, ou inapte.
Enfin, le vérificateur impose sa signature sur document.
Ces exigences s’appuient sur les recommandations de l’ED6339 de l’INRS qui concernent les machines, appareils et accessoires de levage.

Les spécificités liées aux appareils de levage
Le rapport de vérification d’un appareil de levage exige un niveau de détail important. C’est-à-dire qu’il doit offrir une vision complète de l’état technique de l’équipement.
Le rapport recense tous les dispositifs présents sur le matériel. Il décrit les systèmes de sécurité, les organes mécaniques et les équipements de commande. Cette description permet de vérifier la cohérence globale de l’installation. Elle sert aussi de base pour les contrôles futurs.
Un appareil de levage peut présenter plusieurs configurations. Le rapport précise celle utilisée lors de la vérification périodique. Cette information reste essentielle pour les grues mobiles ou à tour. Elle évite toute confusion lors de l’exploitation.
Le vérificateur détaille les conditions de test. Il indique les charges utilisées lors des essais. Il précise si la charge maximale d’utilisation a été atteinte. Lorsque les essais se font à charge réduite, le rapport le mentionne. Cette précision engage directement la responsabilité de l’employeur.
Le rapport décrit les observations sur chaque sous-ensemble. Il identifie les défauts, les usures et les non-conformités. Chaque constat s’appuie sur des éléments mesurables. Le rapport propose ensuite des actions correctives adaptées.
Le rapport de vérification : un outil décisionnel pour le chef d’établissement
La réception du rapport de vérification n’est que le commencement du travail de prévention du chef d’établissement. Il sert à guider les décisions concrètes sur le terrain. L’employeur doit traiter rapidement les anomalies. Il doit réparer, remplacer ou immobiliser l’équipement si nécessaire.
En effet, la circulaire DRT n° 2005-04 du 24/03/05, stipule l’obligation pour l’employeur de remédier sans délai aux défauts.
Le rapport alimente également le registre de sécurité. Il trace l’historique des vérifications et des actions correctives. Cette traçabilité renforce la maîtrise des risques.
Aussi, les résultats de la vérification sont des indicateurs forts pour mettre à jour le Document d’valuation Unique des Risques Professionnels (DUERP).
Enfin, l’employeur doit présenter ces rapports au Comité Social et Économique (CSE).
Vous êtes vérificateur ou vous souhaitez internaliser vos vérifications ? Comprendre un rapport de vérification ne suffit pas. Il faut savoir le produire et l’exploiter. Mais il faut également savoir comment réaliser ses contrôles.
Retrouvez nos derniers articles !
- Rapport de vérification : contenu et exigences pour la VGP des appareils de levage
- Passage caméra et repérage amiante : peut-on conclure à la présence d’amiante par ITV ?
- VGP : certification obligatoire ou personne qualifiée ?
- Contrôle des harnais antichute : Rapport de vérification
- VGP chariot élévateur : vérifier le poste conducteur