Quel gilet de sauvetage choisir lorsque l’on travaille près de l’eau ? Cela dépend de plusieurs facteurs notamment du risque, du milieu et du poste. Le gilet doit aussi correspondre au gabarit de l’utilisateur et aux équipements portés. Analyser précisément les besoins en amont permet de sélectionner une protection adéquate.
Commencer par évaluer le risque de noyade
Premièrement, l’entreprise doit identifier les situations pouvant provoquer une chute dans l’eau. Cette analyse concerne les berges, quais, passerelles, embarcations et zones de travail surplombant l’eau.
L’employeur doit d’abord privilégier les protections collectives lorsqu’elles restent compatibles avec l’activité. Si le risque persiste, il doit prévoir un équipement individuel de flottaison adapté.
Dans le BTP, l’article R4534-136 du Code du travail impose des gilets aux travailleurs exposés au risque de noyade. Il prévoit également une organisation des secours adaptée aux conditions du chantier.
Le choix doit donc découler de l’évaluation des risques professionnels. Pour cela, il faut analyser l’environnement de travail.
Tenir compte du type de plan d’eau
Il faut tout d’abord, identifier le milieu concerné : mer, fleuve, rivière, lac, bassin ou zone intérieure. Ensuite, l’entreprise doit examiner la proximité des secours et les possibilités de récupération.
Les courants, vagues, variations de niveau et conditions météorologiques modifient aussi le risque. Un poste abrité peut devenir dangereux lorsque la houle augmente.
Choisir le niveau de flottabilité approprié
La flottabilité s’exprime en newtons, notés N. Les normes NF EN ISO 12402-5 distinguent plusieurs niveaux de performance.
On réserve généralement les aides à la flottabilité 50 N aux usages sportifs ou de loisir. Elles n’assurent pas le retournement d’une personne inconsciente.
Un gilet de flottaison ou une veste de flottaison 50 N ne sont pas pertinents pour un usage professionnel. En effet, le choix doit aussi intégrer le retournement d’une personne inconsciente. Cette fonction devient essentielle lorsqu’une perte de connaissance reste possible.
Un gilet de sauvetage 100 N convient surtout aux eaux calmes et aux zones surveillées. Un modèle 150 N répond mieux aux situations de mer ou de fort courant.
Le niveau 275 N vise des conditions plus extrêmes ou des utilisateurs portant des équipements lourds. Il apporte une flottabilité supérieure et maximale.
Tenir compte du gabarit de l’utilisateur
Le gilet doit correspondre à la morphologie réelle de la personne qui le porte. Le poids seul ne suffit pas.
Il faut aussi contrôler le tour de poitrine, le tour de taille et la plage d’ajustement prévue. Ces informations figurent normalement sur le marquage du fabricant.
Un mauvais réglage peut réduire l’efficacité de l’équipement. Un gilet trop lâche peut remonter ou laisser l’utilisateur glisser hors du système.
À l’inverse, un réglage trop serré peut gêner les mouvements ou la respiration. L’utilisateur doit donc essayer et ajuster son équipement avant chaque intervention.
Prendre en compte les autres équipements portés
Un professionnel porte rarement son gilet seul. Il peut utiliser une parka, un casque, une combinaison, un harnais ou plusieurs outils.
Tous ces éléments modifient la position du corps dans l’eau. Certains vêtements peuvent aussi retenir de l’air ou créer des volumes gênants.
L’article R4323-91du Code du travail demande que les EPI portés simultanément restent compatibles entre eux. Chaque équipement doit conserver son efficacité face au risque concerné.
L’entreprise doit donc tester le gilet avec la tenue réelle de travail. Cette étape permet de vérifier l’ajustement et la liberté de mouvement.
Choisir le bon système de déclenchement
Le système de gonflage influence le comportement du gilet après la chute. Trois solutions principales existent pour les modèles gonflables.
Le déclenchement automatique
Le gilet de sauvetage automatique se gonfle sans action volontaire de l’utilisateur. Dans le cadre professionnel, l’INRS présente ce déclenchement comme la règle générale.
Le gilet associe généralement ce système à une commande manuelle. L’utilisateur conserve ainsi une possibilité d’action supplémentaire en cas de non-déclenchement.
Ce fonctionnement convient aux travailleurs à pied exposés à une chute directe dans l’eau. Il protège aussi une personne incapable d’actionner une tirette.
Le déclenchement manuel
Le déclenchement manuel exige une action volontaire sur la tirette. Ce choix peut répondre à certaines situations particulières.
Il peut éviter un gonflage immédiat lorsque le volume du gilet créerait lui-même un danger. Cette situation peut concerner certains espaces fermés ou confinés. Par exemple, un travailleur conduisant un engin dans une cabine fermée à proximité d’un fleuve.
Le déclenchement hydrostatique
Le système hydrostatique réagit à la pression de l’eau. C’est-à-dire qu’il ne se déclenchera qu’à partir d’une certaine profondeur sous l’eau.
Ce système peut convenir aux postes régulièrement exposés aux embruns ou fortes pluies, jets ou paquets de mer. Elle réduit le risque de déclenchement intempestif lié aux projections.
Vérifier la compatibilité avec le poste de travail
L’opération impose parfois des contraintes mécaniques, chimiques ou thermiques.
La housse du gilet doit résister aux agressions rencontrées. Notamment les risques chimiques, les projections chaudes et les perforations.
Il faut aussi observer les mouvements du salarié. Les passages étroits, échelles et positions accroupies peuvent provoquer des gênes ou des accrochages.
La facilité de nettoyage ainsi que le confort lors d’un port prolongé sont aussi à prendre en considération.
Le choix doit porter sur les performances, les normes, l’usage prévu et les contraintes réelles du poste.
Choisir les accessoires utiles
Les accessoires doivent améliorer la protection, le repérage ou la récupération. Ils ne doivent jamais gêner le fonctionnement du gilet.
En fonction du poste, l’entreprise peut prévoir une sous-cutale, une lampe, un sifflet ou une capuche anti-embruns. Une balise de détresse peut aussi renforcer le repérage.
Certains modèles proposent un harnais intégré ou une longe de sécurité.Cela permet à l’opérateur de se maintenir à une ligne de vie lors d’intervention en hauteur.
Enfin, un kit de réarmement doit rester disponible pour les gilets gonflables. Attention, cela ne concerne pas tous les gilets, il faut donc se référer à la notice du fabricant.
Privilégier un gilet ergonomique et facile à porter
Le meilleur gilet reste celui que le salarié porte correctement durant l’exposition au risque de noyade. Le confort contribue donc directement à la prévention.
Une sous-cutale mal positionnée peut devenir gênante lors de mouvements répétés. Une autre configuration peut mieux convenir aux changements fréquents de posture.
Le poids, l’encombrement, la ventilation et la liberté des bras comptent aussi. Ces critères deviennent essentiels pour un port prolongé.
L’INRS intègre d’ailleurs la morphologie, les vêtements et la durée du port aux critères de choix d’un EIF professionnel.
Avant de généraliser un modèle, l’entreprise peut réaliser un essai en situation.
L’objectif consiste à obtenir un compromis entre protection, mobilité et simplicité. Un équipement inconfortable risque d’être mal ajusté ou moins porté.
Maintenant que vous avez choisi le gilet parfait pour votre activité. Il faut désormais organiser son entretien, ses contrôles et la formation des utilisateurs.
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